Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
Soutenez le Secours populaire
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

Les pieds dans les étoiles
--> Ou l'inimitié du bitume et de la peau
L'aspect romantique des balades pieds nus dans les ténèbres se trouve un peu écorché par la réalité des pas à vif contre l'asphalte agressif, qui dévore la peau comme le paysage. Mais ça tombe bien, parce que je ne donne pas dans ce genre de corde vibrante, même si je pourrais probablement me passer des éraflures. Et au moins, la sensation pitoyable de boîter des deux jambes le lendemain, elle, a disparu depuis que mes muscles se sont un peu réaccoutumés au mouvement.

Mes pieds nus et moi on s'acharne de toute façon, on ne se laisse pas gâcher le moment, et on met de l'intention dans les enjambées, on se déplace consciemment. C'est ce qui fait la beauté de ces errances, ne pas marcher sans s'en rendre compte, ne pas marcher pour aller quelque part, juste... marcher. Et puis l'air de la nuit, les illuminations dans le ciel, le bruissement de l'obscurité, les ombres isolées, la solitude avec l'univers.
La libert
é incroyable sur fond de goudron et encerclée par le vrombissement de l'autoroute.
Chevaucher le b
éton apprivoisé, dévisager la lune pleine et dorée, avoir les yeux flous dans les nuages au-dessus, fermer les paupières et continuer à voir les étoiles, étendre les bras pour feindre l'équilibre sur l'aspirante-crête, dévaler la pente herbeuse le visage fendu d'un sourire, laisse s'échapper quelques rires en esquivant les attaques de jets d'eau, remuer les lèvres dans un fredonnement oublié, s'abandonner à un peu de spontanéité, ne penser à rien et penser à tout en toute sérénité. Se sentir en vie, loin de là où elle bat -son plein.

D'apr
ès J., ces excursions nocturnes me donnent un côté encore plus “mystérieux”, et elle insiste. Et ça me fait rire, parce que je suis difficilement énigmatique, en dépit des visions romanesques avec lesquelles j'ai grandi. C'est juste que je partage peu de moi, même quand je le fais, apparemment. Je ne sais pas comment on fait je crois, ou je n'y arrive pas, ou peut-être que je ne me comprends pas assez pour que d'autres puissent me décrypter, peu importe.

Je sais en revanche que j'ai détesté la lettre d'épanchement de T. qui suintait d'impudeur et s'adressait à quelqu'un qui n'était pas moi -je ne prétends pas savoir ce que je suis, seulement il existe des choses que je suis certaine de ne pas être. Il y a des gens dont je ne veux simplement pas connaître les tumultes intérieurs, même -surtout?- s'ils sont supposément flatteurs. Il y a des gens avec qui ça me fout terriblement mal à l'aise d'être confrontée à trop d'effusions.

Pour esquiver les justifications et les compte-rendus, je leur déballe des récits de luttes à mains nues contre les coyotes et évoque des fugues à destination de Washington, l'état, ou bien la mer. Je transforme le très joli très drôle passage des arrosages géants en une lutte épique, pour ne pas perdre sa poésie qui m’est propre. Je vais jusqu'à la fatigue de l'embarras pour être laissée en tête-à-tête avec mon instant.

Ecrit par Plog, le Dimanche 2 Mai 2010, 16:44 dans la rubrique This house is a circus.

Commentaires :

LiliLou
LiliLou
06-05-10 à 03:07

J'ai lu la première phrase et tu m'as déjà fait sourire. J'me suis dit merde elle commence fort. En sensitif en tous les cas.

Les mots sont pas toujours la pour exprimer les ressentis à la lecture. Après je suis peut-être, certainement même, courte en temps et en moyens. J'y reviendrais ailleurs, plus tard, demain? (oui je procrastine même sur ton blog jsuis culottée ahah)

bref tout et rien pour dire les mêmes choses,
j'adore.

 
Plog
Plog
16-05-10 à 19:18

Re:

=)

Je comprends l'impression je crois, j'ai souvent envie de commenter les textes dans les alentours sans vraiment savoir comment... (y a pas de probleme, je m'entends tres bien avec la procrastination)

Merci beaucoup!